Quelles sont les qualités que vous tenez à transmettre à vos élèves, et au travers de quelles techniques en particulier ?

Un élève est un individu avant tout avec son physique, sa personnalité fondée sur son histoire. Il se présente à vous en disant «je veux faire du karaté»; l’idée qu’il se faisait de la discipline (sport de combat, self défense) évoluera avec les années de pratique, régulière et rigoureuse. Une pratique animée par la confiance, la perméabilité face à l’enseignement dispensé.

Un karatéka s’entraîne au sein d’un club, avec d’autres adhérents parfois partenaires, parfois adversaires.

La méfiance, la confiance, le courage, le respect, l’entraide fortifient l’individu. Enrichi par la diversité de l’enseignement du Karaté-do, ses techniques, ses mises en situation, ses katas, le karatéka découvrira une disponibilité face à toutes les situations travaillées au dojo. Comme dans la vie, il aura développé un pouvoir d’adaptabilité; je pratique l’Art Martial, le Karaté-do.

 

A quoi reconnaît-on un bon pratiquant ?

Imaginons une fontaine assaillie par une foule de gens assoiffés, et portons notre regard sur celui qui trouvera le chemin et réussira à remplir sa cruche d’eau jusqu’à la dernière goutte, sans la renverser ni la casser, et qui sait apprécier cette eau durement gagnée... et se prépare à recommencer.

Semblable à une famille nombreuse, Sensei KASE était le pilier, notre père à tous, et comme un parent il recevait les besoins de chacun et rejaillissait les solutions auprès de tous. Maintenant qu’il n’est plus, nous ne pouvons avoir la prétention de le remplacer, c’est pourquoi trois personnes ne sont pas de trop pour continuer la mission que s’était donnée Sensei KASE chez nous en France. Le père disparu, les enfants se serrent les coudes pour gérer la mission, conscients que cet engagement nous conduira vers nos objectifs.

Je fais confiance à la personnalité des membres du Shihankaï–comme les engrenages d’une horloge - qui nous mènera très loin.

Vous voulez ajouter quelque chose... ?

En France, des élèves de Sensei KASE, il y en a des milliers ; des assistants il y en a beaucoup, mais des fidèles qui l’ont suivi jusqu’au bout, jusqu’à son dernier souffle, on les compte sur la main. L’enseignement du Sensei s’est déroulé en trois étapes.

1/ de sa venue en France jusqu’en 1994, un enseignement traditionnel de la JKA

2/ en 1995, création de la WKSA ; là il nous dévoile le karaté de son maître Sensei Yoshitaka Funakoshi et les élèves sont choisis.

3/ Ensuite après sa maladie, il crée la KASE HA, groupe très réduit de fidèles et l’enseignement est très poussé: 6ème sens et 4ème dimension. Des cours d’une qualitéexceptionnelle, nous le suivions partout dans le monde entier, assoiffés. Il nous indiquait le chemin, il était notre fontaine et la cruche se remplissait ...

Ma formation s’est beaucoup affinée, au-delà des nombreux cours dispensés au dojo, lors de nos discussions, dans les hôtels, les halls d’aéroport où, décontracté, il me livrait certains secrets….